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Redécouvrons le passé:
1582 /Sainte Thérèse d’Ávila, première femme Docteur de l’Église

Notre Histoire avec Marie

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CONCEPTION ET REALISATION

BULKO

1582

Sainte Thérèse d’Ávila, première femme Docteur de l’Église

Sainte Thérèse d’Ávila, première femme Docteur de l’Église
« En ce temps-là j'appris les malheurs de la France. » Nous sommes en 1562, dans l’Espagne du siècle d’or, encore puissante mais inquiétée par les agitations religieuses européennes. À Ávila (Castille), au nord-ouest de Madrid, une carmélite âgée de 47 ans entend parler du début des « guerres de religion » entre huguenots et catholiques par-delà les Pyrénées… Celle qui deviendra célèbre sous le nom de sainte Thérèse d’Ávila, « la grande Thérèse », est sur le point de fonder l’Ordre des Carmes Déchaux pour servir l’Église.
Fr. Jean-Alexandre de l’Agneau Carme déchaux, maître des novices au couvent d’Avon (Seine-et-Marne)
Fr. Jean-Alexandre de l’AgneauCarme déchaux, maître des novices au couvent d’Avon (Seine-et-Marne)
Les débuts du Carmel déchaussé. Thérèse est bouleversée par les événements en France : l’Église, Corps du Christ se déchire, le Saint-Sacrement est profané en de multiples lieux et des prêtres quittent le sacerdoce. Elle supplie le Seigneur de pouvoir faire quelque chose pour arrêter cette guerre entre chrétiens, entre ceux que Jésus a pourtant appelés ses amis (Jean XV, 15). Thérèse voudrait que le Seigneur ait des amis vraiment fiables. Mais que peut-elle-faire ? Vivre sa consécration religieuse avec le plus d’amour possible : « Je me déterminai à faire le petit peu qui dépendait de moi : suivre les conseils évangéliques aussi parfaitement que possible... » (Chemin de perfection I, 2). En effet, cette moniale d’Ávila est alors en train de préparer la fondation d’un Carmel placé sous la protection de saint Joseph. Elle décide d’insuffler une ardeur apostolique singulière à la vie contemplative de cette communauté nouvelle. Tout y sera orienté vers la vie de prière au service de l’Église. Les sœurs formeront une petite communauté contemplative réunie dans la pauvreté et la joie évangéliques. Ainsi, commence la première des 17 fondations de monastères de carmélites déchaussées que Thérèse réalisera, en même temps qu’elle créera la branche des Frères déchaux avec saint Jean de la Croix. L’actualité française a donc joué un rôle non négligeable dans l’élaboration du projet thérésien !  

Une enfant en quête d’éternité.
Mais revenons en arrière pour comprendre le chemin spirituel de cette femme exceptionnelle. Doña Teresa de Cepeda y Ahumada naît le 28 mars 1515 dans une famille aisée et pieuse d’Ávila. Son père Alonso de Cepeda, fils d’un marchand juif de Tolède et sa mère, Beatriz de Ahumada, donnent naissance à dix enfants, Thérèse étant la troisième. Nous sommes dans une époque marquée par de profonds changements, outre la division ecclésiale déjà évoquée : il y a aussi la révolution copernicienne (qui découvre que la Terre n’est pas au centre du monde), le développement de l’imprimerie (qui permet une diffusion plus rapide des textes), le désir d’émancipation de l’individu (qui s’exprime dans le courant intellectuel de l’humanisme), la découverte du Nouveau Monde (ouvrant de nouvelles perspectives d’aventures et de conquêtes)... La plupart des frères de Thérèse partiront conquérir l’Amérique en espérant faire fortune. Quant à la jeune Thérèse, elle est attirée par ce qui dure toujours et ne trompe pas. Son aventure sera d’abord intérieure : c’est en elle-même qu’elle trouvera un point d’appui fiable pour affronter les transformations de son temps. Si le soleil devient le nouveau centre de l’univers, Thérèse va, elle, parler de la présence de Dieu en nous comme le véritable soleil qui nous fait vivre (Premières Demeures) et doit devenir le centre de notre vie.
 

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La décision de devenir religieuse.
Quand, à l’âge de treize ans, Thérèse perd sa mère, elle se confie à Notre-Dame : « Je suppliai la très Sainte Vierge avec beaucoup de larmes de me tenir lieu de mère. Cette demande, toute naïve qu'elle était, fut exaucée, je crois ; car depuis, je ne me suis jamais recommandée à cette Vierge souveraine sans expé­rimenter son secours, et finalement, elle m'a ramenée auprès d'elle. » (Vie I, 7) Certainement, cette protection mariale va aider Thérèse à ne pas succomber aux tentations de l’adolescence : Doña Teresa est une jeune femme belle, intelligente, avec une grande aisance relationnelle. Elle plaît et elle le sait… Suite à une amourette avec un cousin, le père de Thérèse décide de la placer dans une pension de jeunes filles. C’est dans ce couvent d’augustines que Thérèse retrouve son désir de Dieu et se décide à devenir religieuse.  Déjà dotée d’une grande force de volonté, elle ose braver le refus paternel et entre au monastère des carmélites de l’Incarnation à Ávila le 2 novembre 1535. Elle a 20 ans. Thérèse s’engage avec ferveur dans sa vie religieuse mais tombe gravement malade au point de frôler la mort. C’est par l’intercession de saint Joseph qu’elle est guérie. Dès lors, elle contribue à développer le culte de l’époux de Marie : « Les âmes d'oraison, surtout, devraient toujours l'honorer d'un culte particulier. » (Vie VI, 8) En effet, à l’occasion d’une cure pour sa maladie, Thérèse vient de découvrir un livre sur l’oraison, la prière personnelle silencieuse : la jeune moniale trouve enfin dans ce cœur à cœur amical avec le Seigneur ce qu’elle désirait vivre. Elle comprend que Dieu demeure en elle et que prier, c’est se recueillir pour rejoindre cette présence intérieure.
 

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« La vie de Dieu en moi ».
Pourtant, jusqu’à ses 39 ans, Thérèse ne parvient pas à vivre totalement de cette vérité de foi. Il est vrai que la vie religieuse dans son monastère ne facilite pas le recueillement : grand nombre de Sœurs, visites nombreuses des gens en clôture… Mais Thérèse reste surtout piégée par les jeux d’apparence et aime se montrer au parloir auprès des gentilshommes mécènes du monastère. Son cœur est ainsi déchiré pendant près de vingt ans entre deux regards qui l’attirent, celui de Jésus et celui des autres. En 1554, à travers une représentation du Christ en sa Passion et la lecture des Confessions de saint Augustin, la moniale reçoit la grâce de renoncer à maîtriser sa vie et de s’appuyer sur la seule miséricorde de Dieu. Le changement est radical : « Jusqu'ici c'était ma vie à moi : celle qui a commencé [depuis] est bien la vie de Dieu en moi. » (Vie XXIII, 1)
 
L’émergence d’un désir profond. Thérèse bénéficie alors de grandes grâces qui la libèrent d’elle-même et font grandir en elle la volonté de se donner davantage au Seigneur. Elle découvre à quel point elle est aimée de Dieu et comment Il l’a délivrée de l’enfer. Cette expérience de la miséricorde est trop puissante pour qu’elle puisse la garder pour elle. Son désir grandit de faire connaître cet amour immense. Naît alors le projet de mener une vie religieuse carmélitaine plus exigeante et fidèle à la Règle du Carmel du XIIIe siècle. Thérèse ne se contente pourtant pas d’une réforme comme il y en a tant à son époque. Elle crée un équilibre nouveau entre prière et fraternité : elle ajoute deux heures de prière silencieuse en commun, deux heures de récréation, un temps fraternel d’échanges et d’édification spirituelle. Pour Thérèse, une vraie contemplative se dévoile par son amour du prochain et non par ses sentiments spirituels ! L’oraison conduit au don de soi ou bien elle n’est qu’introversion narcissique.  

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Une fondatrice audacieuse.
Ainsi, se dessine le projet de fonder le carmel déchaussé de Saint-Joseph (Thérèse reprend le terme « déchaussé » d’une réforme franciscaine de l’époque : au-delà du fait d’utiliser des sandales ou chausses légères, il exprime le désir d’une vie religieuse plus marquée par la pauvreté et l’humilité), à Ávila en 1562 pour soutenir l’Église. Les épreuves ne manqueront pas mais Thérèse peut s’appuyer sur la promesse du Christ et la protection de la Vierge du Carmel. « Le monde est en feu ! » (Chemin de perfection I, 5) Face aux violences religieuses, Thérèse répond par l’urgence de développer sa vie intérieure pour atteindre la paix véritable et accueillir l’amour sauveur du Seigneur de l’Église. Elle prend alors le nom de Thérèse de Jésus et mène une vie simple, pauvre et joyeuse avec ses Sœurs. Pourtant, en 1567 de nouveau, l’actualité bouleverse son cœur. Cette fois-ci, les nouvelles viennent des Indes : un missionnaire parle aux carmélites de millions de personnes ignorant le Christ. Thérèse se sent de nouveau appelée à faire quelque chose face à ce drame et elle en demande la grâce au Seigneur. La réponse arrive peu après par le Supérieur Général de l’Ordre du Carmel. Celui-ci lui donne l’autorisation de fonder de nouveaux monastères déchaussés et de commencer une branche masculine. Thérèse prend son bâton de fondatrice à l’âge de 52 ans et entre dans la dernière partie de sa vie, la plus active et la plus dense. C’est cette même année qu’elle rencontre Jean de la Croix avec qui elle fondera la branche masculine du Carmel déchaussé.
La vie spirituelle de Thérèse s’approfondit et elle s’unit de plus en plus à son Seigneur jusqu’à recevoir la grâce du mariage spirituel avec le Christ. Désormais, sa volonté est profondément unie à la sienne et elle ne s’occupe plus d’elle-même car elle sait que le Seigneur prend soin d’elle. Thérèse de Jésus peut donc se donner généreusement à l’aventure des fondations, étant elle-même fondée sur le « roc divin ». Elle fait preuve d’une audace et d’un courage déconcertants pour mener à bien l’œuvre de Dieu face aux oppositions et aux persécutions en tous genres. En plus de ces travaux, Thérèse écrit. Retenons ses quatre œuvres majeures que sont Le livre de la Vie, Les Fondations, Le Chemin de perfection et Le Château intérieur avec ses sept demeures.  

Celle qui est devenue la « Madre » meurt le 4 octobre 1582 à Alba de
Tormes (dans l’ouest de la Castille), au cours d’une halte dans un de ses monastères. Sa fête liturgique est fixée le 15 octobre. Elle quitte ce monde en remerciant le Seigneur de l’avoir faite « fille de l’Église ». Mère Thérèse est béatifiée le 24 avril 1614 par le pape Paul V et canonisée le 12 mars 1622 par le pape Grégoire XV. Le 4 octobre 1970, le Bienheureux Paul VI la proclame Docteur de l’Église. C’est la première femme à recevoir ce titre.
 

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La spiritualité thérésienne.
L’Église attribue à la sainte d’Ávila le titre de « Mère des spirituels ». Thérèse de Jésus nous guide dans les chemins de l’intériorité vers le centre de notre être où Dieu demeure. Elle nous aide à ne pas nous égarer sur les voies d’une spiritualité abstraite. La spiritualité thérésienne est profondément humaine et chrétienne car elle prend en charge l’intérieur comme l’extérieur, l’humain et le divin en Christ, l’amour de Dieu comme celui du prochain. C’est une spiritualité marquée par l’aventure intérieure, la transformation de soi par l’action intérieure de l’Esprit et la libération de son être profond, qui a notamment inspiré la « petite Thérèse », la carmélite française Thérèse de Lisieux. Cet itinéraire de conversion rend le croyant disponible pour l’action au service de l’Église et du monde. Certes, ce chemin est exigeant mais sûr et simple. Chemin de vérité et de liberté que tant de personnes ont emprunté au long des siècles. Chemin marial puisque la vie d’oraison est au fond l’imitation de la vie intérieure de la Vierge. Chemin ouvert à tous puisque l’oraison est pour Thérèse « une amitié intime, un entretien fréquent, seul à seul, avec Celui dont nous nous savons aimés. » (Vie VIII, 6) Au fond, le seul danger est de ne pas croire que Dieu peut transformer radicalement notre vie : « Quant à moi, je sais très bien que quiconque n’y croit pas n’en fera jamais l’expérience. » (Premières Demeures I, 4)
 

Que la vie de sainte Thérèse de Jésus nous incite à nous livrer davantage à l’action de Dieu ! 
Compléments
Sources documentaires

3 propositions pour construire l'avenir

Les 3 propositions que Frère Jean-Alexandre de l’Agneau a faites le samedi 14 octobre 2017.

Engagement

Je regarde un documentaire
afin de découvrir l’oraison.

Je m'engage

Formation

L’Église peut-elle oublier son enracinement dans le judaïsme ?
Découvrez la réponse de Marie-Odile Bonnans.

Je me forme

Prière

Je médite la prière de Thérèse
face au déchirement de l’Église.

Je prie