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Redécouvrons le passé:
1457 /Sainte Rita de Cascia, la sainte des cas impossibles et désespérés

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BULKO

1457

Sainte Rita de Cascia, la sainte des cas impossibles et désespérés

Sainte Rita de Cascia, la sainte des cas impossibles et désespérés
Sainte Rita fût épouse et mère. Après la mort de son mari et de ses deux enfants, elle resta forte et confiante en Dieu. Devenue religieuse, elle vécut en union à la Passion du Christ (stigmate au front) et engagée au service des pauvres. Sa persévérance dans les épreuves et sa confiance en Dieu en ont fait la « sainte des cas impossibles et désespérés ». Si elle a passé toute sa vie en Italie, elle est très connue en France, notamment dans la moitié Sud où sa dévotion populaire est particulièrement forte.
P. Patrice Véraquin omv, recteur de l’église Sainte-Rita à Nice
P. Patrice Véraquinomv, recteur de l’église Sainte-Rita à Nice
Aperçu de la vie de sainte Rita. Sainte Rita vécut en Italie de 1381 à 1457. Cinq siècles plus tard, sa vie continue d’inspirer des millions de personnes à travers le monde. Une vie où se côtoient phénomènes mystiques et simplicité du quotidien, une vie chargée de grandes souffrances mais vécue dans la joie « d’aimer sans compter ». Jeune fille, elle est déjà toute tournée vers Dieu. Mariée par obligation familiale à un homme rude, elle surmonte par sa douceur et sa patience les difficultés initiales de son mariage. Elle vit 18 années de bonheur avec l’homme dont elle aura deux enfants. Elle a 36 ans lorsqu’il est traîtreusement assassiné par un clan rival. Quelques temps plus tard, elle perd ses deux enfants. Entrée au monastère, elle s’immerge dans une intense vie de prière. Son union intime au Christ crucifié se manifeste par le stigmate de l’épine. Elle accueille tous ceux qui viennent demander son aide et sa prière. Toute la vie de sainte Rita respire l’amour de Dieu et la confiance totale en sa Providence. Mourante, elle demande à sa cousine d’aller lui cueillir une rose. Bien qu’en « plein hiver » la parente trouve la rose. Cet épisode est à l’origine de l’image où l’on voit sainte Rita répandre des roses, symbole des grâces obtenues pour celles et ceux qui font confiance en l’intercession de « la sainte des causes désespérées et des cas impossibles ».  

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Enfance à Roccaporena.
Le père et la mère de Rita, Antonio Lotti et Aimée Ferri, vivent à Roccaporena à trois kilomètres de Cascia en Ombrie (Italie centrale). Dans la République de Cascia, ils jouent le rôle de « pacificateurs », c’est-à-dire de médiateurs entre les familles entrées dans la spirale des conflits et de la « vendetta ». Chrétiens convaincus, ils vivent ainsi la béatitude des « artisans de paix ».
Ils sont déjà âgés, lorsque naît Rita en 1381. Un jour, Antonio et Aimée vont travailler aux champs et portent avec eux le bébé dans une corbeille d’osier. Ils le posent à l’ombre des arbres. Et voilà qu’un essaim d’abeilles entoure l’enfant, quelques unes se posent même sur ses lèvres mais sans la piquer. Un tableau datant de 1480 commémore ce fait. On y lit l’inscription « La Bienheureuse Rita était dans son berceau : cinq abeilles entrèrent dans sa bouche et en sortirent en présence de ses parents. » Un épisode qui dit de manière poétique et symbolique la bienveillante protection de Dieu pour la petite Rita. Éduquée chrétiennement, Rita répond très tôt et avec grande ferveur à l’amour de Dieu. Elle aime le recueillement et la solitude. Elle obtient de ses parents une petite chambre isolée qu’elle transforme en oratoire. Souvent, elle se rend au sommet du haut rocher de Roccaporena pour aller s’y recueillir et prier. Elle n’a que douze ans lorsqu’elle forme le projet d’entrer au monastère des Augustines de Cascia, projet qui ne se réalisera qu’après de longs et douloureux détours…  

Une épouse et une mère.
Le désir de Rita d’entrer au monastère ne convainc pas ses parents qui veulent la marier. Paolo Mancini, un homme sérieux mais impulsif et dur de caractère, se présente à eux pour demander la main de Rita. Les parents acceptent et dès l’âge de 14 ans, les fiançailles sont célébrées. Son avenir est décidé… Au début de leur mariage, Rita souffre beaucoup du caractère de Paolo. Toutefois, par sa douceur, sa patience, et davantage encore par sa prière, elle réussit à changer l’attitude de son mari. Son premier biographe écrit : « Rita sut si bien l’adoucir qu’à la grande stupeur de tous elle le rendit admirablement doux et attaché au service de Dieu… » Et il ajoute : « Elle vécut dans la plus grande paix les 18 années entières qu’elle eut à passer avec lui. » C’est donc avec raison que beaucoup de gens confient à l’intercession de sainte Rita les situations matrimoniales difficiles qu’ils vivent ou dont ils sont témoins. Elle donnera naissance à deux enfants : Jean-Jacques et Paul-Marie, dont nous savons peu de choses, si ce n’est que Rita les emmenait souvent avec elle au « Lazaret » pour aider les pauvres et les malades qui y sont soignés.
 

Deuils cruels.
Paolo Mancini fait très probablement partie de la Garde civique de Cascia. Son caractère désormais adouci et pacifique ne le met pas à l’abri de la violence ambiante. Nous savons que les représailles à l’époque étaient cruelles. Comme un patrimoine intangible, les familles se transmettaient leur haine, de génération en génération.
Un soir qu’il revient de Cascia, ses ennemis lui tendent une embuscade près de la Tour de Collegiacone et l’assassinent traîtreusement. Douleur immense pour Rita, qui cependant ne veut pas entrer dans la logique de la vengeance. Avec la force de sa foi et de sa charité, elle veut au contraire rompre cette spirale. « Elle demandait, dit son premier biographe, le pardon pour les assassins de son mari. » Ses enfants, alors adolescents, ne l’entendent pas ainsi. Ils parlent souvent de venger leur père. Rita les exhorte au pardon et prie pour eux. Elle va même jusqu’à demander à Dieu de les prendre plutôt que de les laisser se perdre dans cette violence meurtrière. On rapporte que quelques temps plus tard, « ses fils furent appelés à une vie meilleure ». C’est uniquement par son immense confiance en la Providence que Rita put voir dans un deuil si douloureux pour son cœur de mère, un signe que le Seigneur les avait sauvés de la mort éternelle.  

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Entrée au monastère.
La perte de son mari et de ses fils, en cette année 1417, laisse Rita dans une profonde douleur, mais non dans l’abattement. Elle est une femme de foi qui sait trouver dans l’espérance chrétienne la force de continuer à vivre et à aimer. Elle sait que Dieu ne l’abandonnera pas. Comme elle est maintenant seule, son désir de vie consacrée renaît et elle demande à entrer au monastère des Augustines de Cascia. Mais l’abbesse refuse de la recevoir car, parmi les moniales, plusieurs appartiennent au clan opposé à celui de sa famille : son entrée apporterait la division. Tant que les deux partis ne seront pas réconciliés, Rita ne pourra être admise au monastère. Loin de se décourager devant cette tâche « impossible », Rita se fait messagère de la paix. Avec humilité et courage, elle passe de maison en maison, exhortant toutes les familles ennemies à se réconcilier. Et elle prie. Elle prie intensément le Seigneur de changer les cœurs. En particulier, elle invoque ses saints de prédilection : saint Jean-Baptiste, saint Augustin et saint Nicolas de Tolentino.
Et Dieu lui accorde ce miracle de pacification ! Elle obtient que la réconciliation soit officiellement reconnue devant notaire, selon l’usage de l’époque. Rita mériterait aussi d’être appelée « la sainte de la Réconciliation » ! À l’âge de quarante ans, elle peut enfin répondre à sa vocation religieuse et, dans une immense joie spirituelle, entrer au monastère Sainte-Marie-Madeleine de Cascia.  

Le stigmate de l’amour.
Sainte Rita est favorisée d’un phénomène mystique en relation à son amour du Christ crucifié. Le Vendredi Saint de l’an 1442, elle se rend à la paroisse pour l’office de la Passion de Notre Seigneur. La parole vibrante du prêtre qui prêche sur la Passion du Christ frappe vivement Rita. De retour au couvent, encore toute bouleversée, elle se met en prière devant la fresque du Christ crucifié située dans l’oratoire attenant à la chapelle. Voici comment son biographe Cavallucci raconte la scène : « Alors elle se mit à demander avec la plus extrême ardeur que le Christ lui fasse au moins sentir une de ces épines… dont son front avait été percé… Elle l’obtint. Elle sentit non seulement la blessure désirée, mais son front fut désormais affecté d’une plaie incurable qui devait lui rester jusqu’à la mort. Il s’agissait d’une plaie ouverte et profonde qui la faisait atrocement souffrir. La blessure résista à tous les soins ; elle ne se ferma jamais durant les quinze années que Rita vécut encore, excepté durant son pèlerinage à Rome. » Rita s’immerge de plus en plus dans la prière et la contemplation, retirée dans sa cellule. Des gens accourent de toutes parts pour lui recommander des intentions de prière. Le monastère devient, déjà du vivant de Rita, un centre de pèlerinage. Et encore aujourd’hui, les pèlerins qui se rendent à Cascia sont toujours très émus en visitant « l’ermitage de l’Épine » où se trouve le Christ devant lequel Rita reçut le stigmate.
 

La rose de la confiance.
En 1453, Rita tombe malade. Pendant quatre ans, elle souffre énormément, mais jamais ne perd sa patience et sa douceur. Toutes les sœurs du couvent en sont édifiées. Le dernier hiver est particulièrement dur. Une cousine de Roccaporena vient visiter Rita. Avant de repartir, la parente lui demande si elle peut faire quelque chose pour elle. Rita lui répond : « Je voudrais une rose de mon petit jardin. » La cousine pense que Rita délire. « Une rose en plein hiver !... » Rentrée à Roccaporena, elle a déjà oublié cette demande quand, passant par hasard près de l’ancien jardin de Rita, elle voit une superbe rose rouge qui s’épanouit sur l’un des rosiers ! Elle la cueille avec émotion et retourne à Cascia la porter à Rita. C’est en souvenir de cet épisode de la vie de Rita, que chaque année, au jour de la fête de sainte Rita, les fidèles font bénir les roses pour les porter à leur parents ou amis malades.
 

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Une mort rayonnante.
Le 22 mai 1457 Rita entre dans la gloire du Ciel. Certains biographes racontent que, trois jours plus tôt, Notre Seigneur lui est apparu en compagnie de la Vierge Marie.

- « Quand donc, Jésus, pourrais-je venir en ta présence ? »
- « Bientôt, mais pas encore. »
- « Et quand donc ? »
- « Dans trois jours tu seras avec moi. »
Cette promesse réconforte Rita. Le troisième jour, elle demande à communier et à recevoir le sacrement des malades. Toutes les religieuses de sa communauté sont présentes. Elle demande la bénédiction de l’abbesse, puis expire doucement. Aussitôt, des prodiges sensibles viennent comme acclamer la sainteté de Rita. La cloche du monastère se met à frapper trois coups sans que personne ne la touche. La cellule de Rita s’illumine d’une resplendissante lumière, et la blessure malodorante de son front se cicatrise subitement en même temps qu’un parfum exquis remplit la cellule. Selon certains témoignages figurant au procès de canonisation, plusieurs personnes auraient vu son âme monter dans la gloire…
Une religieuse du monastère qui avait un bras paralysé cherche à passer son bras autour du cou de Rita… Elle y réussit. Elle est guérie ! C’est le premier miracle posthume de Rita. Tout le peuple de Cascia accourt pour voir celle que l’on appelle déjà « la sainte ». On transporte sa dépouille dans une chapelle intérieure et, pour que tous puissent la voir, on ne ferme pas le cercueil. Quelques années plus tard, ce cercueil sera détérioré par le feu, mais le corps restera intact jusqu’à… aujourd’hui où il repose dans la basilique sanctuaire de Cascia.  

« La sainte de l’impossible. » 
C’est en 1710 qu’un religieux augustin espagnol a qualifié pour la première fois sainte Rita d’« avocate des causes impossibles ». Tant d’épisodes de la vie de la sainte manifestent comment elle réussit à surmonter, dans la foi et la confiance, des situations qui semblaient désespérées : la violence de son mari, les complications pour entrer au monastère, l’impossibilité de réconcilier des clans en conflits, et tant d’autres, jusqu’à celle, qui révèle la confiance de Rita et la poésie de Dieu, d’obtenir une rose en hiver… Mais si Rita est appelée la « sainte de l’impossible », c’est aussi à cause des nombreux miracles obtenus par son intercession. Au moment du procès de béatification, plus de 300 ex-voto témoignant de grâces obtenues ont été comptabilisés dans l’église du monastère. Les plus anciens datent de 1467, dix ans après sa mort. À tel point que les autorités communales elles-mêmes ont demandé à un notaire d’enregistrer soigneusement les guérisons miraculeuses qui survenaient auprès de la tombe de Rita. Pour la seule année 1457, onze miracles ont été jugés suffisamment incontestables pour être mis par écrit. Le plus grand est survenu le 25 mai de cette année-là : un aveugle, Battista d’Angelo, a retrouvé la vue après avoir prié devant le tombeau de la sainte. Encore aujourd’hui, d’innombrables témoins attribuent à l’intercession de Rita d’avoir été secourus dans des situations extrêmement difficiles ou humainement désespérées.
 

Une sainte aimée de tous.
À l’époque de Rita, les canonisations officielles n’avaient pas encore été instituées. C’était en quelque sorte la voix du peuple qui proclamait la sainteté de ceux et celles qui avaient témoigné de façon extraordinaire de leur amour de Dieu. On peut donc dire que Rita fut d’abord béatifiée par le peuple ; l’évêque de Spoleto simplement autorisa son culte. La béatification officielle fut proclamée par le Pape Urbain VIII en 1628, et ce n’est qu’en mai 1900 que Léon XIII canonisa sainte Rita. Dès lors, son culte s’est développé de façon extraordinaire d’abord en Italie et puis dans le monde entier. Ici en France, c’est à partir de 1935 que le Père Bianco, Oblat de la Vierge Marie, introduisit la dévotion à Rita. La création de la Revue Sainte Rita en 1955 contribua à la faire connaître et aimer dans toute la France, et en particulier dans la moitié Sud. Tant de gens se retrouvent en cette femme dont la vie est à la fois simple, proche de la leur, et en même temps remplie de signes prodigieux de la présence de Dieu. Ils admirent l’épouse et la religieuse qui, à travers son acceptation « amoureuse » des épreuves, montre à tous un chemin de foi, d’espérance et d’amour de Dieu. Ils montrent une confiance immense en cette sainte qui intercède si efficacement auprès de Dieu pour obtenir des grâces aussi bien temporelles et spirituelles.

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La mission universelle de sainte Rita, « la sainte des cas impossibles », est de nous aider, par l’exemple de la vie et par la puissance de sa prière, à ne jamais désespérer et à mettre toute notre confiance en Dieu, même dans les situations les plus difficiles et « impossibles ». 
Compléments
Sources documentaires

3 propositions pour construire l'avenir

Les 3 propositions que le Père Patrice Véraquin a faites le samedi 11 février 2017.

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