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Redécouvrons le passé:
1906 /Sainte Élisabeth plonge au cœur de la Trinité et nous entraîne à sa suite

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1906

Sainte Élisabeth plonge au cœur de la Trinité et nous entraîne à sa suite

Sainte Élisabeth plonge au cœur de la Trinité et nous entraîne à sa suite
Canonisée le 16 octobre 2016 par le pape François, Élisabeth de la Trinité entre au Carmel de Dijon (Côte-d’Or) à l’âge de 21 ans. Le 21 novembre 1904, fête de la Présentation de Marie, elle écrit sa célèbre prière, comme une offrande totale d’elle-même à la Trinité. Consumée par la maladie d’Addison, elle meurt le 9 novembre 1906.
Une Sœur du Carmel de Dijon
Une Sœurdu Carmel de Dijon
Enfance. Élisabeth Catez est née le 18 juillet 1880 à Farges-en-Septaine (Cher), peu avant le déménagement de ses parents pour Dijon. Orpheline de père à l’âge de sept ans, elle grandit dans un foyer chaleureux auprès de sa sœur Guite (Marguerite) de deux ans plus jeune qu’elle, et de sa mère. Le trio est profondément uni et très ouvert : réceptions mondaines, visites, et chaque année, de grandes vacances dans le Sud, le Jura ou en Lorraine. Le 19 avril 1891, elle fait sa première communion à l’église Saint-Michel, et reçoit la grâce de se sentir habitée par le Christ.

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Une célèbre prière.
En ce soir du 21 novembre 1904 au Carmel de Dijon, Sœur Élisabeth de la Trinité termine sa retraite, toute prise par une grâce qu’elle ne révèlera à personne. Seule dans sa cellule, elle prend un petit carnet et déchire une page. Poussée par l’expérience très forte et toute intérieure qu’elle vient de vivre, elle se met à écrire : « Ô mon Dieu, Trinité que j’adore… ». Aujourd’hui, celui qui lit cette prière se trouve devant une évidence : Élisabeth vit de la présence de Dieu en elle, une présence vivante, agissante, aimante. Une présence qui déborde sur cette page trop petite pour contenir tout ce qui se passe dans l’âme de la jeune moniale qui n’a plus que deux ans à vivre, et qui, sans le vouloir, va laisser ce soir-là au monde le secret qui a fait de sa vie « un ciel anticipé ».


La victoire de Dieu.
Les premières années de la future sainte avaient pourtant donné quelques soucis. Fille d’officier, tempérament impérieux, colérique, la petite Sabeth était alors un vrai volcan, « très diable » diront sa mère et tous ceux qui l’approchaient ! Longuement, elle a lutté sans grand succès pour vaincre son « terrible caractère ». Il faudra attendre ses 11 ans pour que l’amour de Dieu remporte la pleine victoire : au jour de sa première communion, tant désirée, la présence de Jésus, son amour et sa paix ont envahi son cœur. La sous-prieure du Carmel, qu’elle rencontre en ce jour, lui révèle le sens de son prénom : « Élisabeth, maison de Dieu. » Dès lors, sa vie est transformée : la violence qui l’habite n’a pas disparu mais elle est canalisée, orientée et elle n’a plus qu’un désir : rendre heureux son Dieu en rendant heureux tous ceux qui l’entourent.


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La mélodie de la vie.
Premier prix de piano au conservatoire à 13 ans, Élisabeth aurait pu devenir une pianiste renommée. L’interprète virtuose de Liszt et de Chopin ne se laisse pourtant pas griser par les louanges dont elle est l’objet, de la part de ses amies bien sûr, mais aussi des journaux et des grands noms du piano de l’époque. Une autre musique, une autre voix résonne plus fort dans son cœur, celle de Jésus à qui elle se consacre sans réserve et à qui elle brûle de se donner en entrant au Carmel. L’opposition farouche de sa mère à ce projet la fera grandir dans l’obéissance, la confiance et l’abandon. En attendant de pouvoir réaliser son rêve, elle poursuit sa route en vivant la vie des jeunes filles de son milieu : sorties mondaines, mais aussi vie paroissiale fervente, chorale, service des pauvres, retraites… Elle aime passionnément ses amis et les grands voyages qu’elle entreprend chaque année à travers toute la France. La musique silencieuse qui l’habite de cesse pas pour autant et rayonne sur tous ceux qui l’entourent et pressentent qu’Élisabeth n’est pas « comme les autres » et même, diront certains, qu’elle « voit Dieu »…


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Le silence du Carmel.
Entrée au Carmel à 21 ans, Élisabeth reçoit un nom nouveau qui l’enchante : Élisabeth de la Trinité. Une Carmélite réputée de Beaune (Côte-d’Or) avait déjà porté ce nom au XVIIe siècle. La Trinité ! C’est ce Mystère d’amour qui déjà l’habite, la brûle. C’est, écrira-t-elle plus tard : « La maison paternelle dont nous ne devons jamais sortir. » Plus que tout, c’est « le trop grand Amour » de Dieu pour nous auquel nous devons croire à travers tout. C’est Dieu Père, Fils et Esprit, présent à chaque instant de nos vies pour nous faire vivre de sa vie. Élisabeth veut lui rendre amour pour amour au cœur du quotidien, dans la vie de la communauté. Et dans ses lettres, elle partage à ses amis, laïcs pour la plupart, la merveilleuse découverte : nous sommes tous appelés, tous aimés, tous habités par la Présence au fond de nous-mêmes. Nous devons régulièrement nous recueillir en présence de Dieu, pour devenir « louange de gloire » selon les mots de saint Paul (Ephésiens I, 11), et faire de notre corps le trône de la Très Sainte Trinité où celle-ci daigne venir habiter.

La jeune fille a renoncé au piano pour entrer dans le silence, la solitude du Carmel. Un silence qui n’est pas vide et néant, mais écho de la Parole de Dieu. Et en ce 21 novembre 1904, Élisabeth laisse jaillir de son cœur les notes qu’elle couche sur cette feuille, cette partition que la musicienne qu’elle reste va jouer silencieusement mais avec toute son âme. Elle compose alors sa célèbre prière : « Ô mon Dieu, Trinité que j’adore », où elle se livre entièrement... (cf. compléments). Consumée par la maladie d’Addison, elle meurt à Dijon le 9 novembre 1906, âgée de 26 ans, en murmurant : « Je vais à la Lumière, à l’Amour, à la Vie ! »


La béatification.
Un premier « miracle » obtenu par l’intercession d’Élisabeth fut reconnu le 17 février 1984. Il s’agissait de la guérison de Dom Jean Chanut, moine de l’Abbaye de Cîteaux, alors Maître des novices. Âgé de 31 ans en 1938, il fut atteint de tuberculose des reins. Malgré l’ablation d’un rein, la maladie gagna tout l’appareil uro-génital. Dom Jean Chanut souffrait beaucoup, ne pouvait plus assurer ses charges et s’acheminait vers la mort. En janvier 1943, sur le conseil d’un prédicateur de retraite, la communauté de Cîteaux commença une neuvaine de prière se confiant à l’intercession de Sœur Élisabeth. Au terme de la neuvaine, le malade sentit un regain d’énergie et put reprendre rapidement l’observance intégrale de la Règle, veilles et jeûnes sévères. De plus, à partir de cette date, les examens biologiques firent constamment la preuve de l’absence du bacille de Koch. Dom Chanut devint par la suite Prieur puis Abbé de Cîteaux et mourut en Afrique en 1980, sans avoir jamais eu de rechute de tuberculose. Ce miracle permit la béatification d’Élisabeth le 25 novembre 1984 par le pape saint Jean Paul II qui la présente comme un guide sûr et une lumière pour tous.


Élisabeth est canonisée le 16 octobre 2016 par le pape François

Vers la canonisation.
Un second « miracle » était nécessaire pour ouvrir la voie à la canonisation. Une jeune femme belge, Marie-Paul Stevens, professeur de religion à Malmedy, âgée de 39 ans en 1997, découvre peu à peu qu’elle est atteinte d’une maladie orpheline, le syndrome de Sjøgren, avec de multiples conséquences très handicapantes puis de plus en plus douloureuses. Elle doit abandonner sa profession en 1998 et malgré de multiples traitements, la maladie s’aggrave en 2000-2001, avec d’insupportables douleurs. Tous les amis de Marie-Paul ainsi que notre Carmel prient Élisabeth pour sa guérison. Elle-même ne demande pas de guérir mais décide d’aller à Flavignerot avant de mourir, pour remercier Élisabeth qu’elle aime et prie depuis son adolescence, car elle l’a tellement aidée dans sa maladie. Arrivée avec ses amis sur le Parking du Carmel le 2 avril 2002, elle s’assied épuisée sur une pierre, et se lève soudain : « Je n’ai plus mal ! » Les symptômes ont disparu… Quelques mois plus tard, elle fera 350 km à pied en pèlerinage pour rendre grâce… Il faudra du temps et de nombreux examens médicaux entre 2012 et 2016 pour que soit reconnue officiellement la guérison, jusqu’à ce décret du 3 mars 2016, puis le consistoire du 20 juin 2016. Élisabeth est canonisée le 16 octobre 2016 par le pape François.
Compléments
Sources documentaires

3 propositions pour construire l'avenir

Les 3 propositions qu'une Sœur du Carmel de Dijon a faites le samedi 11 mars 2017.

Engagement

Je  vis le carême
en ligne avec Élisabeth. 

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