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Redécouvrons le passé:
1091 /À Fontgombault : Notre-Dame du Bien-Mourir

Notre Histoire avec Marie

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CONCEPTION ET REALISATION

BULKO

1091

À Fontgombault : Notre-Dame du Bien-Mourir

© Daniel Jolivet - CC - Flickr
© Daniel Jolivet - CC - Flickr
N’est-il pas curieux d’invoquer Notre-Dame sous le vocable de Notre-Dame du Bien-Mourir ? Tel est pourtant, depuis plus de deux siècles, le titre dont elle a voulu être honorée à Fontgombault (Indre), en ce monastère du Bas-Berry fondé par Pierre de l’Étoile en 1091.
Un moine de l'abbaye de Fontgombault
Un moinede l'abbaye de Fontgombault
La fondation de l’abbaye. L’histoire de Fontgombault est étroitement liée au monachisme : le nom même du village vient de l’ermite Gombaud, mort en 1023, qui se retira pendant des décennies au bord de la Creuse, utilisant une source d’eau potable (font, source en vieux français). Son successeur Pierre de l’Étoile est à la fin du XIe siècle le maître d’une petite colonie d’ermites installée sur la rive gauche de la Creuse, dont on voit encore aujourd’hui les grottes ; mais il décide en 1091 de fonder une abbaye sur la rive droite, sous la Règle de saint Benoît. L’église abbatiale de ce nouveau monastère, en croix latine et de style roman, longue de 80 mètres, fut placée sous le double patronage de Notre-Dame dans le mystère de son Assomption, et de saint Julien, premier évêque du Mans, qui était déjà cher aux ermites, puisqu’ils lui avaient dédié leur première chapelle, Notre-Dame des Grottes.  

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La Vierge Marie et Fontgombault.
Peut-être la Vierge était-elle représentée sur les vitraux de l’abbatiale ; mais il est peu probable que les moines, qui se rattachaient à un courant assez austère du monachisme, illustré par les cisterciens en particulier, aient voulu orner leur grande église de fresques. La seule représentation de la Mère de Dieu qui nous soit parvenue de ce temps est une Vierge de pierre calcaire du XIIe siècle, d’un bon mètre de haut, représentée en majesté et tenant l’Enfant divin sur ses genoux, comme les sculpteurs romans aimaient à la figurer. À la fois Reine des fidèles et trône de la Sagesse, elle est entourée de deux anges qui rappellent sa dignité ; l’un d’eux tient une banderole sur laquelle figurait sans doute quelque parole de l’Écriture qui se référait à elle, mais que le temps a effacée ; l’autre un livre ouvert. De sa main droite, la Vierge soutient la main de son Fils levée pour bénir, comme pour l’encourager à répandre ses bienfaits de grâce.
 

Notre-Dame de la Porte.
Longtemps, elle a été Notre-Dame de la Porte : Vierge murale, elle se trouvait à l’extérieur de l’abbatiale, encastrée au-dessus du portail Nord, qui donne sur l’enclos monastique, et au-delà sur le village et les champs. À ses pieds sont passées les processions, elle a entendu les longues litanies, et aussi sans doute l’in paradisum, la merveilleuse antienne grégorienne que l’on chante pour accompagner les défunts jusqu’à leur dernière demeure terrestre. L’âge roman aimait ainsi à confier à la protection de Marie les portes de ses églises, symboles du passage vers l’au-delà. Dans l’abbatiale toute proche de Saint-Savin-sur-Gartempe (Vienne), c’est sur le mur intérieur, au revers du grand porche, que le peintre l’a représentée, entourée aussi de deux anges. À Saint-Benoît-sur-Loire (Loiret), autre célèbre sanctuaire monastique de la région ligérienne, on a retrouvé récemment une Vierge de même type, trônant parmi les Apôtres au centre d’un portail resté mystérieusement inachevé.
 

Le fruit et la Vierge.
À Fontgombault, une autre particularité attire l’attention : la Mère tient dans sa main un fruit, qui renvoie symboliquement au fruit du paradis : mais désormais, la Vierge, nouvelle Eve, nous le tend pour notre Salut, et non pour notre condamnation. En toute vérité, c’est l’Enfant qu’elle nous présente qui est ce fruit, « le fruit de ses entrailles » qui nous donne la vraie connaissance du bien et du mal. Un distique latin l’a bien exprimé :
 

« Laeva gerit natum, gestat tua dextera malum Mali per natum tollitur omne malum. »  
« Votre main gauche tient le Nouveau-né, votre droite présente la pomme ; Par le Nouveau-né, tout le mal de la pomme a été retiré. »  

Ces vers accompagnent la Vierge de Benoîte-Vaux (Meuse), en Lorraine ; il suffit, pour l’adapter à la Vierge de Fontgombault, d’inverser les côtés droit et gauche. Dans un de ses sermons saint Bernard s’adressa ainsi à Adam : « Que disais-tu, Adam ? “La femme que vous m’avez donnée m’a donné du fruit de l’arbre, et j’ai mangé”. Ce sont là de mauvaises paroles. Mais la Sagesse vainc le mal. […] Change-donc ces mots d’excuse pervers en paroles d’action de grâces, et dis : “Seigneur, la femme que vous m’avez donnée m’a donné du Fruit de l’arbre de vie, et j’ai mangé ; et c’est devenu plus doux que miel à ma bouche, parce qu’en lui, vous m’avez donné la vie” ».
 

 Toute grâce qui nous vient du Christ, nous vient par sa Mère

Mais on remarque aussi que l’Enfant lui-même tient dans sa main gauche un fruit, comme sa Mère : c’est un symbole traditionnel de la médiation universelle de la Mère de Dieu. Cela signifie que toute grâce qui nous vient du Christ, nous vient par sa Mère. Avant les précisions des théologiens, et en particulier de saint Louis-Marie Grignion de Montfort, décédé il y a trois cents ans, nos pères du XIIe siècle avaient déjà compris cette doctrine si féconde.
 

Un passé tourmenté.
Bien des heurs et malheurs de la chrétienté ont trouvé écho dans l’antique abbatiale de Pierre de l’Étoile. La Vierge en a été le témoin, compatissante et toujours miséricordieuse. Ainsi au XIVe siècle, lors de la guerre de Cent Ans, l’abbatiale est transformée en fort, et subit un premier incendie. En 1372, Du Guesclin et ses Bretons la libèrent de l’occupation anglaise. Plus tragiquement, en 1569, l’abbaye est pillée par les troupes protestantes, qui brûlent presque tous les bâtiments. La statue de Notre-Dame échappe pourtant à leurs mains, malgré la ruine de la grande nef.
 

Il fallut encore d’autres heures sombres avant qu’elle retrouvât sa place dans la vénération des fidèles. Déjà au milieu du XVIIIe siècle, les moines avaient disparu, victimes de la commende et de l’esprit des « Lumières ». L’abbaye avait en effet été sécularisée au profit des Prêtres de la Mission, fils de saint Vincent de Paul. Vendue à la Révolution comme Bien national, l’église fut vouée à servir de carrière de pierre. Bientôt, une main sacrilège viendra inscrire ses graffiti impies sur les colonnes de son sanctuaire : Numquam Deo ! (« Qu’il ne soit plus jamais à Dieu ! »).
 

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La naissance de Notre-Dame du Bien-Mourir.
Au temps de la Révolution, un malheureux osa s’attaquer à la vénérable statue pour la mettre à bas. Mal lui en prit : il fit une grave chute, dont il mourut peu après. Justice de Dieu ? Certes, mais justice qui, sans supprimer la souffrance, sait la transformer en amour : Notre-Dame obtint son repentir et sa conversion. Aussi, fut-elle désormais invoquée sous le titre de Notre-Dame du Bien-Mourir. Bien souvent, on vint des paroisses voisines lui recommander des agonisants, et par son intercession, de nombreuses grâces de mort chrétienne ont été obtenues, ainsi que des guérisons réputées miraculeuses.
 

Le renouveau de l’abbaye.
La communauté de Trappistes qui s’installa en 1849 dans l’antique abbaye entreprit de restaurer l’église, en commençant par le sanctuaire, puis dans la dernière décennie du XIXe siècle, la nef elle-même. Les fidèles de la contrée témoignèrent une grande dévotion envers la Vierge du Bien-Mourir, des pèlerinages fréquents vinrent lui rendre hommage, et en 1869, le curé de Fontgombault demanda à l’archevêque de Bourges d’ériger dans sa paroisse une Confrérie de la Bonne-Mort, sous le titre de Notre-Dame du Bien-Mourir. En 1874, il en obtint l’affiliation à l’Association de la Bonne-Mort, établie à Rome dans la maison des Pères Jésuites, ce qui la fit bénéficier de nombreuses grâces (indulgences pour les confrères ou applicables aux défunts). Cette confrérie connut un grand succès, comptant jusqu’à 20 000 associés. Les Trappistes, qui avaient fait classer l’église au titre des monuments historiques dès 1862 et créé une distillerie de kirsch en 1899, sont cependant expulsés par les lois anti-congrégations de 1904 ; les bâtiments sont heureusement sauvés par l’avocat Louis Bonjean (mort de blessures de guerre en 1914), qui s’en sert pour des œuvres sociales. L’abbaye devient ensuite hôpital militaire, puis le séminaire diocésain pendant quelques décennies.
 

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Fontgombault aujourd’hui.
La vie monastique a repris à Fontgombault en 1948, grâce à un essaim monastique venu de Solesmes ; signe de son dynamisme, l’abbaye a ensuite fondé quatre abbayes filles à la fin du XXe siècle. La statue de Notre-Dame du Bien-Mourir, restaurée, a alors été installée dans le bas-côté Sud, où elle reçoit les hommages des fidèles et des moines, spécialement le 15 août, jour de la fête patronale de l’église. Le petit autel construit dans la nef au niveau de la statue a été consacré en 1954 sous le titre de Marie-Médiatrice. En 1991, pour le neuvième centenaire de la fondation du monastère, la statue a été solennellement couronnée par Mgr Nowak, évêque de Czestochowa en Pologne.
Compléments
Sources documentaires

3 propositions pour construire l'avenir

Les 3 propositions qu'un moine de l'abbaye de Fontgombault a faites le samedi 17 décembre 2016.

Engagement

Je (re)lis
le « Traité de la vraie dévotion » de saint Louis-Marie Grignion de Montfort.

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Formation

Quelle importance reconnaître aux apparitions de Marie à l'Ile Bouchard ?
Découvrez la réponse du Père Bernard Peyrous.

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la Vierge de Fontgombault.

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